Comment choisir votre diététicienne ?

Comment trouver un(e) bon(ne) diététicien(ne) ?

Qu'est-ce qu'on attend d'un professionnel de santé ?

Le premier critère de choix :

Que le thérapeute soit diplômé par un diplôme reconnu par l'Etat. Pour les diététicien(nes) nutritionnistes, il s'agit du BTS option diététique et nutrition ou du DUT génie biologique option diététique. Les coachs en nutrtion, forme, bien-être.... n'ont pas les qualifications requises pour donner des conseils diététiques.

Le deuxième critère de choix : les qualités relationnelles.

Certains acceptent d’être maltraités par des professionnels qu'ils qualifient de compétents. Je pense que la bienveillance, l'empathie, la compréhension, l'écoute sont des qualités humaines indispensables pour accueillir des consultants, patients. La confiance, par l'absence de jugement, est nécessaire pour permettre l'ouverture d'un dialogue bilatéral sincère

Le troisième critère de choix : la remise d’une prescription personnalisée et équilibrée

La première consultation doit déterminer si le patient mange plus que son besoin ou s’il a des désordres hormonaux. Elle doit déboucher à une analyse fine de l’alimentation du patient et sur des recommandations diététiques équilibrées, adaptées aux goûts, et sans éviction alimentaire

De nombreuses études scientifiques ont formellement prouvé qu’un régime hyperprotéiné est dangereux pour la santé à plus ou moins long terme.

Un régime hypoglucidique entraine également des baisses de forme et des conduites alimentaires compulsives par la suite.

Un régime hypolipidique entraine une augmentation de consommation de protéines et/ou de sucres et une diminution d’apport de vitamines liposolubles essentielles.

Le quatrième critère de choix : une perte de poids qui n’excède pas 2 kilos par mois

En effet, une prescription stricte et trop hypocalorique entrainera une reprise de poids dès l’arrêt du régime. Il sera impossible de maintenir ce régime toute sa vie car trop dur à suivre et trop fatiguant. Tout régime restrictif fonctionne sur le moment et provoque l’effet yoyo par la suite.

La restriction cognitive, c'est-à-dire le fait de se restreindre, de s'empêcher de manger à sa faim et de s’interdire de consommer certains aliments, entraine des frustrations, qui conduisent à des compulsions et voire des troubles alimentaires, donc de la culpabilité, une reprise de poids, un sentiment d’échec et de manque de volonté, un dégoût de soi.

Le ciquième critère de choix : l’absence de prescription de complément.

Une alimentation équilibrée ne sera jamais carencée. En effet, seul un régime inférieur à 1200 Kcal demande une supplémentation et ce type de régime est inutile et dangereux. Il ne doit être suivi que dans un cadre hospitalier.

Dans le cadre de la prise en charge d’une pathologie, certains régimes contiennent logiquement des interdits alimentaires. Un médecin pourra alors vous prescrire des compléments après diagnostic et en collaboration avec votre diététicien(ne).

L'association avec un laboratoire de complément alimentaire est tentante parce que lucrative.

L’amaigrissement est obtenu grâce à la restriction calorique prescrite et c’est tout ! S’il existait un produit miracle qui fasse maigrir sans rien faire, ça se saurait ! Consommer des tisanes et autres gélules pour perdre du poids ne fait maigrir que votre porte-monnaie.

Ainsi, les diurétiques font perdre beaucoup d’eau mais font aussi partir le potassium qui est si bon pour l’hypertension et le cœur.

Avoir sans arrêt des selles liquides grâce à certains produits laxatifs ou des supplémentation en fibres sous n’importe quelle forme ne fait pas maigrir ; on a juste moins de matières dans les intestins soit 250 à 400 g de moins par jour, le bol alimentaire passe plus vite et on ingère un tout petit peu moins de calories, mais aussi beaucoup moins de vitamines et minéraux. Et avec l’eau qui part dans ces selles liquides, on perd du calcium, du potassium, du chlore… Bref, ce n’est pas l’idéal. Sans compter que les intestins s’abiment et s’irritent. A savoir aussi que dans certains cas, cela provoque des calculs rénaux.

Un produit qui capte toutes les calories excédentaires n’existe pas. Il existe des produits qui augmentent l’élimination des graisses dans les selles. Mais ce n’est pas très confortable car des fuites anales graisseuses peuvent apparaître et il est très important de ne pas se carencer en lipides comme je l’ai expliqué plus haut.

Que dire des produits qui gonflent dans l’estomac pour donner l’illusion d’avoir trop mangé… Si vous n’êtes déjà pas capable de reconnaître la faim, la satiété, ces gels ne vous serviront à rien. Si vous avez tout le temps faim, votre régime est trop carencé et ce n’est pas ces produits qui vous retiendront de craquer et de manger comme un ogre.

Enfin, comment apprendre à bien manger en fonction des ses besoins, pour son plaisir, comment reconnaître la satiété, et ceci pour tout le reste de sa vie et si on avale des cachets à la place sans même se soucier des effets indésirables à long terme ?

Le sixième critère de choix : son âge et son expérience

Les années, l’expérience personnelle, confrontent le professionnel à sa propre relation à la nourriture et aux aléas de la vie. Il peut ainsi s’appuyer sur son ressenti, son parcours et ses réussites, pour écouter, comprendre et se mettre à la place du patient. Pour moi en tout cas, c’est très important dans le cadre des consultations diététiques.

L’expérience professionnelle en libéral est un plus car cela permet d’affiner sa pratique. La collaboration avec d’autres professionnels de santé apporte des apprentissages indispensables à une bonne prise en charge.

La pratique professionnelle en établissements hospitaliers est surtout l’application de régimes calculés et prescrits par les médecins en charge des patients. Je ne parle volontairement que de l’aspect régime car évidemment, la pratique hospitalière ne se limite pas à cela !

En libéral, le(la) diététicien(ne) doit elle-même établir les prescriptions en se basant sur l'état du consultant et ses attentes, et évidement sur ses connaissances médicales, sa formation, ses choix stratégiques, sa personnalité.

Le septième critère de choix : les tarifs et la fréquence des consultations.

Une consultation trop onéreuse n’est pas forcément un critère de qualité ou d’expérience. Il est préférable de tenter de tenir compte du statut socioprofessionnel de son patient dans toute la mesure du possible sachant que les consultations ne sont pas remboursées et que tout le monde n’a pas de mutuelle. La première consultation permet de vérifier ces conditions et de valider un tarif adapté dans certains cas.

Des rendez-vous chaque semaine, c’est trop à mon goût. Une fois tous les 15 jours, à la rigueur, dans le cadre d’une prise en charge très exceptionnelle. En moyenne, une fois par mois suffit dans la plus grande majorité des cas.

Pour ma part, je propose un suivi par téléphone gratuit dans certaines prises en charge délicates qui nécessitent des adaptations hebdomadaires de réintroductions alimentaires.

Il ne faut pas oublier bien sûr qu’un(e) diététicien(ne) en libéral travaille pour gagner de l’argent, comme tout le monde !

Les consultations diététiques sont de plus en plus prises en charge par les mutuelles mais pas encore par la sécurité sociale, ce qui malheureusement freine les patients car on a perdu l’habitude de payer pour sa santé.

C’est dommage, car une consultation diététique mensuelle coûtent entre 48 ou 55 euros qui sont largement compensés par une économie sur les courses, à condition de ne pas acheter des compléments et autres suppléments pseudo-miraculeux bien sûr.

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